Définitions

 

«compréhension de la santé et de la maladie à partir de savoirs psychologiques» (Matarazzo, 1984)

 

La psychologie de la santé serait envisagée comme «l'étude des différents types de facteurs : biologiques, psychologiques et sociaux, intervenant dans le maintien de la bonne santé ou dans le déclenchement et l'évolution des maladies.»

 

Marilou Bruchon-Schweitzer en 1994 la définissait comme l' « étude des troubles psychosociaux pouvant jouer un rôle dans l’apparition des maladies et pouvant accélérer ou ralentir leur évolution ».

 

S'intéressant autant aux causes qu'aux conséquences, qu'elles soient directes ou indirectes), la psychologie de la santé propose des méthodes et des solutions préventives ou curatives impliquant généralement des changements de comportements en matière de santé.
Faisant appel à différentes disciplines (psychanalyse, psychosomatique, psychologie sociale et psychologie clinique, hygiène, traumatologie, toxicologie, psycho-neuro-immunologie, psychopharmacologie, etc.), cette branche de la psychologie considère que la maladie résulte — pour partie au moins — d’un conflit psychique. Son intérêt est d'identifier les dimensions socio-psychologiques (facteurs psychosociaux) et leurs répercussions biologiques, de manière à aider l'individu à trouver en lui et autour de lui des ressources pour faire face à la maladie et à adopter des comportements préventifs. Une de ses limites est une faible prise en compte de l'environnement de la personne.

 

 

 

Domaines d'application

 

Ce sont surtout :

  • le monde du travail (en appui à la médecine du travail)
  • le milieu sportif
  • la médecine-chirurgie, souvent en milieu hospitalier. Cette clientèle (hospitalisée, dite « interne » ou ambulante, dite « externe ») est en effet aux prises avec des problématiques physiologiques souvent complexes, maladies chroniques (diabète, douleur chronique, problèmes cardio-vasculaires, dialyse, hémato-oncologie, troubles vasculaires, problèmes de fertilité...), cancers,... qui sont très perturbant pour la vie de couple, familiale, professionnelle et sociale. De nombreux problèmes physiologiques amènent souvent l'apparition des difficultés psychologiques voire psychiatriques (trouble de l'adaptation, dépression, réactions anxio-dépressives, délirium...) qui nécessitent une aide extérieure.
  • les institutions pour personnes âgées (EHPAD...)
  • le soin et l'aide aux jeunes enfants, aux handicapés physiques ou des traumatisés (souvent dans les institutions les accueillant)
  • les services d’aide sociale et tous les domaines visant à améliorer la qualité de vie des malades, la relation soignants-soignés, l'observance thérapeutique, etc ;
  • tous les cas où il faut faciliter le processus d'adaptation à la maladie, travailler certains deuils, améliorer l'observance du traitement médical et paramédical et finalement réduire les comportements ou attitudes pouvant favoriser le maintien d'une symptomatologie délétère.
  • l'aide auprès des soignants
  • La recherche
  • ...

Une carte mentale  à imprimer et à assembler (sur 2 pages) vous indiquera quels sont les 3 grands axes de la Psychologie de la Santé.

 

 

 

Histoire de la psychologie de la santé

Le concept de « psychologie de la santé » serait né en 1976 dans un groupe de travail créé par l’Association Américaine de Psychologie. Elle a été théorisée et diffusée vers le milieu des années 1980 aux États-Unis et en Europe.

 

Trois facteurs au moins ont permis son développement rapide :

  1. un intérêt croissant pour d'une part la psychologie et les savoirs afférents et pour - d'autre part- les sciences de la vie ; la psychologie de la santé constituant un des ponts entre ces deux domaines.
  2. un intérêt économique : la prévention et la promotion des comportements et de styles de vie plus « sains » et « sûrs », la compréhension des facteurs salutogènes et protecteurs (Matarazzo, 84), permettent de fortement diminuer les frais de santé (sécurité sociale, etc).
  3. des changements dans les maladies dominantes et les causes de mortalité ; on ne meurt plus d'épidémies ou de maladies infectieuses, mais de maladies chroniques comme les affections cardiaques, les cancers, les AVC, les maladies respiratoires... Ceci a forcé les cliniciens à s’interroger sur les prédicteurs des maladies ; à s’intéresser aux déclencheurs, c’est-à-dire aux « stresseurs » de la vie quotidienne, à l’isolement social ou psychologique des sujets. De plus, les antécédents biomédicaux et sociodémographiques comme l’âge, le sexe, la situation familiale et professionnelle, etc. sont étudiés mais c’est essentiellement sur les antécédents psychosociaux que les recherches ont portés.
  • Ainsi, deux grands styles de vie à risque ont été dégagés :
    le style A (personnes compétitives, impatientes, hostiles, agressives, hyperactives etc.) a plus de probabilités de développer des maladies cardio-vasculaires, mais si ces facteurs jouent un rôle dans le déclenchement, ils les protègent par ailleurs, d’où la nécessité de prévention chez ces sujets ;
    le style C (fortes défenses pour parler des leurs émotions, les reconnaître, coopératives, se résignent, mauvaise perception du soutien social) serait prédictif de l’évolution d’un cancer, notamment le cancer du sein chez la femme (étude de Grossarth Maticek).
    On va aussi s’intéresser aux traits pathogènes de l’individu (dépression, anxiété-trait, névrosisme, affectivité négative etc.) et aux traits immunogènes, par exemple l’optimisme, un lieu de contrôle interne, l’endurance psychique (Kobasa), le sens de la cohérence (Antonovski), l’affectivité positive, etc.

 

 

Prise en charge

Le modèle intégratif et multifactoriel en Psychologie de la santé de M. Bruchon-Schweitzer (2002) permet de comprendre que la prise en charge des patients va essentiellement se situer au niveau de leurs processus perceptivo cognitifs.

 

Les modèles classiques (biomédical, psychanalytique, psychosomatique, épidémiologique...) supposent des relations de cause à effet entre antécédents et issues.

 

     Antécédents      Issues          

 

Caractéristiques durables de la pesonne

Caractéristiques durables de l'environnement

 

 

Santé physique

Santé mentale

Santé sociale

 

                                                                              Lazarus & Folkman

 

L'approche intégrative et multifactorielle va y insérer (intercaler) des modérateurs. Dans ces modérateurs (transactions individu-contexte), on va donc se pencher en premier lieu sur la problématique de l’évaluation.

 

  • Au niveau de l'évaluation primaire, on trouve le stress perçu ; il va s’agir pour le psychologue de savoir comment le sujet évalue la situation, à quel point elle déborde ses ressources et menace son bien-être. Lazarus et Folkman ont dégagé trois manières d’appréhender le stress perçu : vécu comme une 1) menace pour l’intégrité psychique et corporelle, une confrontation à une 2) perte irrémédiable ou encore appréhendé comme un 3) défi.
  • Dans l’évaluation secondaire, on s’intéresse au contrôle perçu, qui peut être informationnel, comportemental et/ou décisionnel. Est-ce que je me sens capable d'affronter la situation ? Cette notion est liée à celle de l’auto-efficacité développée par Bandura qui désigne le sentiment d’efficacité personnelle et qui représente une variable modératrice clef au niveau du changement. Notons enfin que l’expérience de Seligman a permis de développer la notion de résignation apprise lors de stresseurs incontrôlables, avec en lien la dépression.
  • Dans l’évaluation, on s’intéresse également au soutien social réel mais surtout au soutien social perçu, c’est-à-dire "l'impact subjectif de l’aide apportée par l’entourage d’un individu et dans quelle mesure celui-ci estime que ses besoins et ses attentes sont satisfaits " (PROCIDIANO, 83).
  • Enfin, on peut relever dans ce modèle l’évaluation émotionnelle de l’anxiété-état de l’individu.

D’autre part, le psychologue va être amené à repérer quelles stratégies d’ajustement déploie le sujet. Le coping est défini par Lazarus comme « l’ensemble des efforts cognitifs et comportementaux destinés à maîtriser, réduire ou tolérer les exigences internes ou externes qui menacent ou dépassent les ressources d’un individu ».

Deux grands types de coping ont pu être relevés :

  • le coping centré sur le problème (recherche d’informations, planification d’actions) c’est-à-dire faire des efforts cognitifs et comportementaux pour modifier la situation et
  • le coping centré sur l’émotion qui tente de réduire la tension émotionnelle (par évitement, distraction, résignation etc.)

Si on ajoute à ces modérateurs le fonctionnement de divers systèmes physiologiques, on peut appréhender l’activité du sujet qui joue un rôle tampon (buffer) sur les issues somatiques, qui correspondent à la fois à l’état de santé physique de l’individu mais aussi à son état de santé comportemental, émotionnel et cognitif (bien-être subjectif, qualité de vie, satisfaction etc.), ce qui semble essentiel pour une meilleure prise en charge du malade.

 

 

 

 

 

Un modèle intégratif et multifactoriel en psychologie de la santé

(M. Bruchon-Schweitzer, & R. Dantzer)

 

 

 

 

Références

  • Bruchon-Schweitzer, M., (2002). Psychologie de la santé, modèles, concepts et méthodes. Paris: Dunod
  • Bruchon-Schweitzer, M., Dantzer, R. (1994/2e. 1998). Introduction à la psychologie de la santé. Paris: PUF
  • Cosyns, P., Vlaeyen, J. (1984). Cliniques de thérapie comportementale, chapitre XXII. La douleur chronique rebelle. Paris : Pierre Mardaga, 371-374.
  • Odgen, J. (2008). Psychologie de la santé. Bruxelles: de Boeck. (traduit de la 3è édition anglaise.)
  • Site de l'Association francophone de Psychologie de la Santé (Afpsa)

 

 

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Compléments

 

L'article "L'essor de la psychologie de la Santé" de Gilles Marchand dans Sciences Humaines accessible ici sur Cairn (accès en haut à droite "accès hors campus", indiquez Bordeaux 2, entrez vos identifiants de l'ENT, revenez en arrière sur la page, "acceder à cet article)

 

La psychologie de la santé et la clinique in Le Journal des psychologues N°260 accessible ici sur Cairn (accès en haut à droite "accès hors campus", indiquez Bordeaux 2, entrez vos identifiants de l'ENT, revenez en arrière sur la page, cliquez en haut sur l'onglet numéro pour accéder au sommaire complet, naviguez au sein des articles en html ou pdf)

 

En complément également pour des ouvrages génaraux, voir notre bibliographie ici

 

 

 

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